Outre une surveillance visuelle, exercée notamment par ses six gardes-digues, le SYMADREM s’est doté d’outils d’instrumentation pour contrôler le plus précisément possible ses ouvrages de protection et éviter tout risque de brèche en cas d’inondation. Vingt-deux kilomètres de fibre optique doivent permettre de repérer les fuites dès leur survenue. Le SYMADREM est le seul en France à expérimenter une telle innovation pour des digues sèches sur un si long linéaire.
Après le déploiement de la fibre optique en 2024, soit 13 kilomètres sur la rive droite, entre Beaucaire et Fourques, la deuxième phase a été finalisée cette année sur la rive gauche, pour mettre en service les 9 kilomètres de fibre intégrés dans la digue Tarascon-Arles. Avant la fin de l’année, un test d’injection d’eau sera effectué pour calibrer le système.
Mesurer les variations de température
L’objectif est de détecter les variations de température induites par la présence d’un écoulement grâce à la mesure répartie tout le long de la fibre avec une résolution d’1 mètre. Ce sont en effet les anomalies thermiques, définies selon trois méthodes de calcul, qui renseignent sur la présence de fuites et sur leur importance.
Cette innovation expérimentale est un atout précieux pour renforcer la sécurisation les ouvrages. Elle permet une détection précoce de phénomènes non repérables par la surveillance visuelle. Cette méthode d’auscultation doit permettre de détecter au plus tôt l’initiation de brèches par érosion interne.
Si l’auscultation par fibre optique n’est pas une technique nouvelle- elle équipe de nombreux ouvrages tels que des barrages, des tunnels ou des digues en remblais, le SYMADREM est le seul en France à l’expérimenter dans le cas de digues sèches, c’est-à-dire sans contact avec le fleuve en dehors des périodes de crues.
La surveillance et l’analyse des données est coordonnée entre le SYMADREM et GeophyConsult. Cette société d’ingénierie, basée dans l’Hérault, de renommée internationale, est spécialisée dans l’auscultation par fibre optique. Elle accompagne le SYMADREM sur ce projet, après des études menées avec le Centre d’ingénierie hydraulique (CIH) d’EDF. Conçu par GeophyConsult, le logiciel d’analyse des données fonctionne en continu. Les données de température par fibre optique sont transmises toutes les heures. Elles sont couplées à des données provenant de capteurs environnementaux, positionnés à proximité. Trois niveaux de comparaison sont combinés : la température et la hauteur du Rhône (via un limnigraphe), la température de l’air (grâce à la station météo) et les mesures de température de la nappe (à l’aide de quatre piézomètres) afin de bien distinguer une fuite importante d’une simple infiltration d’eau de pluie.

Le Saviez-vous ?
Un piézomètre est un appareil permettant de mesurer le niveau de l’eau souterraine. Le limnigraphe enregistre, lui, les variations du niveau de l’eau en surface du sol : cours d’eau, bassin…
- Les visites techniques approfondies https://www.symadrem.fr/actualites/2026/04/13/la-campagne-2026-de-visite-technique-approfondie-prend-fin/
- L’inspection nautique des berges https://www.symadrem.fr/actualites/2025/02/27/inspection-nautique-des-berges-le-symadrem-veille-sur-ses-digues/