Sur les digues anciennes du Rhône, la végétation gagne progressivement du terrain malgré les deux campagnes de débroussaillage menées chaque année. Face à ce constat, le SYMADREM a lancé une campagne dite de « reconquête », avec pour objectif de regagner plusieurs mètres en pied de digue. Ces zones sont essentielles pour assurer une bonne surveillance des ouvrages et garantir leur entretien dans de bonnes conditions. Toutefois, cette démarche s’inscrit dans le temps, elle nécessite de longues phases de concertation et s’étendra sur plusieurs années.
Sur certaines portions des digues anciennes (situées en grande partie le long du Petit Rhône et du Grand Rhône), la végétation est aujourd’hui si dense qu’elle compromet la visibilité et l’accessibilité lors des surveillances approfondies. Lorsque le SYMADREM est propriétaire foncier, des actions sont engagées afin de rétablir une continuité de circulation en pied de digue. Les linéaires concernés peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres et nécessitent des interventions ciblées, parfois lourdes, comme des opérations de bûcheronnage.
Cette reconquête répond à un enjeu majeur de sécurité. L’enjeu principal est de rétablir de la visibilité sur des zones où il devient très difficile de détecter la présence de terriers de blaireaux, qui constituent l’une des principales causes de fragilisation des digues, au même titre que les ouvrages hydrauliques traversants mal entretenus. En période de crue, ce sont ces fragilités qui conduisent la plupart du temps à la formation de brèches.
Avant toute intervention, un important travail préparatoire est mené. Il s’agit de hiérarchiser les secteurs problématiques et d’évaluer le niveau de dangerosité de la végétation présente. La situation foncière est également analysée, tout comme l’existence éventuelle de travaux à venir à moyen ou long terme sur les tronçons concernés. Ces éléments permettent de définir si une action de reconquête est pertinente et prioritaire.
Les travaux sont réalisés durant la période hivernale, jusqu’au 15 mars, avant la reprise de la végétation. Ils nécessitent le plus souvent l’intervention d’entreprises spécialisées disposant de matériel forestier adapté. Un premier passage au lamier ou au broyeur est généralement effectué. Lorsque la végétation est trop développée, une équipe à pied intervient pour réaliser du bûcheronnage. Selon la configuration des lieux, les chantiers peuvent s’étendre sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
La reconquête des pieds de digues peut être réalisée des deux côtés de l’ouvrage, chacun présentant des contraintes spécifiques. Côté terre, la présence de bâtiments ou d’aménagements rend parfois le passage des engins difficile. Côté fleuve, c’est la ripisylve qui tend à coloniser progressivement le pied de digue, compliquant l’accès et la surveillance.
Engagée lors des saisons 2023-2024, la campagne de reconquête se poursuivra encore plusieurs années. Elle vise, à terme, à restaurer une visibilité satisfaisante et une accessibilité continue sur l’ensemble des pieds de digues, conditions indispensables pour garantir la sécurité et la pérennité des ouvrages de protection contre les crues.


