La Réserve naturelle nationale de Camargue, les Asco de Corrège-Camargue Major et de l’égout de Roquemaure, le Conservatoire du littoral, la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône et le SYMADREM signent une convention de partenariat pour apporter à l’étang du Vaccarès, les 20 millions de m3 annuels manquants.
La station de pompage de Pierre-du-Lac, qui se situe en Camargue au bord du Grand Rhône, est d’habitude utilisée pour l’évacuation des eaux agricoles dans le Rhône. Pourtant, le SYMADREM et ses partenaires ont pour ambition de détourner sa fonction première et de la transformer, en saison hivernale, en une prise d’eau gravitaire permettant d’envoyer plusieurs dizaines de millions de m3 d’eau dans l’étang de Vaccarès. Cette station, comme beaucoup d’autres, fait partie d’un réseau complexe de canaux et marais qui entourent le Vaccarès, véritable cœur écologique du delta.
Une erreur de manipulation qui devient source d’inspiration
Il arrive parfois qu’un simple incident révèle un potentiel insoupçonné. C’est précisément ce qui s’est produit à la station de Pierre-du-Lac. À la suite d’une erreur de manipulation, la station a été activée dans le mauvais sens. Au lieu de relâcher de l’eau dans le Rhône, cette dernière s’est mise à pomper l’eau du fleuve vers les canaux camarguais. En quelques heures, l’eau a circulé à contre-courant des habitudes, remplissant les canaux voisins.
Si l’incident aurait pu n’être qu’une simple mésaventure, il a éveillé une idée prometteuse ; et si cette station pouvait devenir une entrée d’eau vers le Vaccarès ?

Une opportunité à faible coût pour venir au secours le Vaccarès
Ce constat est loin d’être anodin. Le Vaccarès, vaste étang au centre de la Camargue, connait un déficit chronique d’apport en eau douce. Cela s’explique en partie par une diminution des précipitations, une évaporation plus importante et des périodes de sécheresse de plus en plus marquées.
Aujourd’hui, redonner de l’eau douce au Vaccarès représente un défi majeur. C’est là que l’expérience fortuite de Pierre-du-Lac change la donne. La possibilité de faire transiter gravitairement de l’eau du Rhône du mois d’octobre à mars moyennant quelques travaux d’adaptation pour une infrastructure déjà existante ouvre une voie simple, économique et réaliste pour augmenter les apports d’eau douce issus du Rhône, comme cela est préconisé dans le Plan de Sauvegarde du Vaccarès.
Un partenariat prometteur et des travaux imminents
La convention prévoit donc le ressuyage des inondations en Camargue insulaire et l’apport d’eau douce dans le système Vaccarès. Elle détermine les règles de gestion des ouvrages à adopter à partir de l’année 2026 pour permettre au Vaccarès de rester dans les niveaux d’eau et dans les salinités, ciblés dans son plan de gestion, et rétablir des échanges entre le système Vaccarès et la Mer grâce à la réhabilitation du pertuis de la Fourcade. Ce partenariat préfigure sans doute la réalisation d’un règlement d’eau autour du Vaccarès.
En parallèle, l’étude d’avant-projet sur les ouvrages de ressuyage du Nord de la Camargue insulaire a été remise en fin d’année 2025. Bientôt, le SYMADREM sera en capacité de demander le financement des dossiers réglementaires, de la maîtrise d’œuvre et des travaux. Les ouvrages concernés sont les stations d’Albaron et de Pierre-du-Lac et les clapets du Rousty. Les travaux d’adaptation de la station de Pierre-du-Lac pourraient débuter durant l’année 2027. Cette coopération naissante instaure un socle commun pour le partage de la ressource en eau, l’apport d’eau douce et la lutte contre la salinité en Camargue.