Testé avec succès en 2022, le pâturage de troupeaux de moutons sur les digues au printemps a depuis été contractualisé par le SYMADREM. À l’issue de deux appels d’offres lancé fin 2024 en partenariat avec les chambres d’agriculture du Gard et des Bouches-du-Rhône, près de 120 hectares de digues ont été mis à disposition d’éleveurs volontaires. Cette méthode de fauchage douce vise un double objectif : entretenir les ouvrages de manière plus respectueuse et réduire, à terme, le nombre de campagnes de fauchage mécanique, passant de trois à deux par an.
Parmi les éleveurs retenus, Carlos et Anna, un couple de bergers installés depuis six ans à Beaucaire, font pâturer depuis le début du mois de mars un troupeau de 500 brebis et agneaux sur les digues. À la tête d’un cheptel de plus de 3 000 ovins, répartis en huit troupeaux sur le territoire, ils élèvent principalement des mérinos, des têtes noires et des mourerous, destinés à la production de viande.
Habitués aux partenariats « gagnant-gagnant », Carlos et Anna font régulièrement pâturer leurs troupeaux sur des parcelles communales, dans les vignes, les vergers ou sur des terres agricoles souhaitant un entretien sans recours aux engins mécaniques. Cette année, ils investissent pour la première fois les digues entre Beaucaire et Fourques et le bilan est déjà très positif.
« On est contents d’être là. Le fait de ne pas mélanger notre troupeau avec ceux d’autres bergers nous protège des maladies. L’herbe est nourrissante et on peut gérer les déplacements en fonction de ce qui a déjà été consommé », explique le couple.
Les animaux évoluent dans de petits parcs, renouvelés quotidiennement, et restent jour et nuit sur les digues. Les bergers passent très régulièrement surveiller leurs bêtes. Au-delà de l’aspect technique, l’accueil du public est également très apprécié.
« Nous avons eu de très bons échanges avec les promeneurs et les cyclistes qui empruntent la digue sur laquelle passe une piste cyclable. Ils s’arrêtent souvent pour prendre des photos ou nous poser des questions », racontent-ils.
À y regarder de plus près, un seul petit inconvénient est évoqué avec le sourire : « Il n’est pas toujours facile de planter les piquets des clôtures à la masse ! » Un détail face aux nombreux avantages de cette pratique, qui s’inscrit pleinement dans une gestion plus durable et douce des digues.







