Digue Tarascon-Arles
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La digue Tarascon-Arles est mise en service

Le 3 décembre 2003, le débit du Rhône atteignait 11 500 m3/s. Deux trémies routières à proximité de la voie ferrée Tarascon-Arles cédaient, inondant plus de huit mille personnes et causant plus de trois cent cinquante millions d’euros de dommages dans la plaine du Trébon et les quartiers nord d’Arles.  Naissait alors le « plan Rhône » qui vise, entre autres, à harmoniser la protection contre les inondations dans le bassin rhodanien. Après avoir étudié plusieurs options, la création d’une digue parallèle au remblai ferroviaire est décidée en 2010 avec l’objectif de rendre ce dernier transparent hydrauliquement. Aujourd’hui la construction de l’ouvrage est achevée et la transparence hydraulique de la voie SNCF est effective.

Après dix années d’études et d’instruction réglementaire et deux ans et demi de travaux, les 10 km de digue entre Tarascon et Arles sont terminés. Leur réception a eu lieu au mois d’avril, en attendant l’inauguration officielle. Cet ouvrage est conçu de manière à contenir une crue équivalente à celle de 2003 et permettre, sur 5 km, un déversement sans brèche pour les crues supérieures, réduisant par 20 les volumes de déversement pour la crue de référence de 1856. C’est la protection de 55 000 personnes qui est améliorée. « Cet investissement considérable était essentiel pour le territoire, à deux titres. D’abord, bien sûr, parce qu’il assure une véritable protection à tous les habitants : on ne peut imaginer de nouvelle catastrophe comme celle de 2003. Mais il y a un autre enjeu : celui du développement économique, qui est je le rappelle, à 80% inconstructible dans le cadre du Plan de prévention du risque inondation. Or, nous avons besoin de terrains pour les investisseurs qui frappent à nos portes. Cet ouvrage va nous permettre de discuter avec l’Etat, sur ce dossier. Cette nouvelle digue va donc apporter sécurité et perspectives d’emplois. Mais elle a aussi un atout : elle nous relie au fleuve auquel nous avons tourné le dos depuis trop longtemps. La piste cyclable, les espaces aménagés vont offrir à tous cette possibilité de longer le Rhône d’Arles à Tarascon, au cours de promenades en mode doux. Oui, il y a toutes les raisons de saluer le travail du SYMADREM et des partenaires institutionnels qui, dans le cadre du Plan Rhône, ont permis cette réalisation exceptionnelle », se réjouit Patrick de Carolis, Président de l’ACCM et maire d’Arles.

Digue Tarascon-Arles

En parallèle de ces travaux, SNCF Réseau a œuvré pour rendre son remblai ferroviaire transparent : « Jusqu’en 2003, le talus faisait office de digue bien qu’il n’ait jamais été conçu pour ça. Suite à la crue, plusieurs scénarios se sont dessinés et c’est celui de construire une digue à l’ouest de la voie ferrée qui a été retenu. La contrainte pour nous était de rendre le remblai transparent hydrauliquement » présente Charles Thiercelin, pilote d’opérations SNCF Réseau. Il s’agit de laisser s’écouler l’eau en cas de surverse. « Nous avons choisi de créer dix ouvertures de 20 m chacune et de les disposer tous les 500 m environ sur la dizaine de kilomètres de voie », explique Philippe Pelt, directeur d’opérations délégué SYSTRA. Les dix ouvrages sont installés, les deux derniers ont été ripés le 14 mai. « La mise en place de ces ouvrages a été réalisée lors de quatre opérations, pendant lesquelles la voie ferrée a été coupée pendant 42 à 54 heures, selon le nombre d’ouvrages à mettre en place.  La durée de coupure est volontairement très courte afin d’affecter le moins possible le trafic et le service aux usagers. D’autant plus que nous sommes sur une ligne très fréquentée. Ce type d’opération mobilise beaucoup de métiers de la SNCF car il faut couper les voies, les câbles électriques, la signalisation…. Mais on impacte également la circulation ferroviaire. Il est nécessaire de gérer les horaires, les plannings, la maintenance, l’ingénierie … » indique Charles Thiercelin. « Suite à la réception des travaux de la digue du SYMADREM, SNCF Réseau a eu l’autorisation administrative de mettre en service les dix ouvrages hydrauliques » précise Philippe Pelt. Les travaux du côté SNCF Réseau seront finalisés à la fin de l’année 2021/début 2022. Quant à la nouvelle digue, elle a été affectée à l’un des gardes-digues du SYMADREM qui se charge de sa surveillance quotidienne.

Ripage de l’ouvrage de transparence SNCF