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La campagne 2026 de visite technique approfondie prend fin

Visite technique approfondie

Depuis 2009, le SYMADREM organise des visites d’ouvrages de l’ensemble des digues dont il assure la gestion. Une fois par an, les 270 km de linéaire sont passés au peigne fin par un trio d’agents du SYMADREM, constitué d’un ou d’une agent.e administratif, d’un.e ingénieur.e et d’un garde-digues.

Les visites techniques approfondies (VTA) se font à pied. Chacune représente 6 à 12 km. La vitesse de déplacement est lente, de l’ordre de 2 km par heure, afin de permettre à l’équipe d’observateurs de recenser tous les désordres.

A la recherche des désordres

Chaque agent surveille une partie de digue : l’un d’eux est posté en crête, alors que les deux autres sont positionnés de chaque côté du pied de digue. Pour ces visites, les agents sont munis de tablettes connectées qui permettent de suivre le linéaire étudié, recenser et mettre à jour les désordres. Ils disposent également d’un mètre ruban permettant de mesurer les trous dans la digue et d’une bombe de marquage pour signaler une détérioration. Les désordres lorsqu’ils sont découverts, ou retrouvés car déjà connus des services, font l’objet d’une fiche de recensement détaillée et d’une photographie.

Peu de nouveaux désordres sont découverts au cours de ces visites. Les visites techniques approfondies permettent surtout de réévaluer les désordres déjà recensés et leur prise en charge, bien que les digues soient surveillées et arpentées toute l’année par les gardes-digues. Les terriers de blaireaux restent les désordres les plus surveillés. Ils peuvent parfois passer inaperçus, dû à une végétation dense ou à leur localisation, en pied de digue.

Inspection continue et à pied de la digue
Inspection continue et à pied de la digue

Vers une amélioration constante

Bien que cette campagne ait été initialisée il y a plus de dix ans, les équipes du SYMADREM continuent d’affiner la méthodologie de ces visites. Ainsi, habituellement étalées sur toute l’année, la campagne 2026 s’est déroulée sur la période hivernale uniquement. Il a néanmoins fallu composé avec les déconvenues météorologiques de l’hiver. Cette année a été particulièrement compliquée, avec un hiver pluvieux, qui a entrainé de nombreux reports. Mais les équipes ont tenu bon et la campagne de VTA s’est terminée à la mi-mars, avant que la repousse de la végétation n’empêche d’observer les désordres sur les linéaires inspectés.

Une campagne hivernale permet de bénéficier d’une végétation basse, grâce au débroussaillage effectué à l’automne, mais ce n’est pas son seul avantage. Le traitement et l’analyse précoces des données recueillies permettent aussi de programmer sur la même année les travaux d’entretien nécessitant une intervention rapide.

« Nous cherchons en permanence à améliorer notre modèle, afin de ne pas surcharger notre base de données. Actuellement, 3 300 désordres sont recensés sur nos digues mais il existe une grande diversité en terme d’urgence de traitement. Dans tous ces désordres cohabitent : de simples observations sur la végétation, d’autres considéré sans urgence ou simplement à surveiller, ainsi que les désordres plus graves sur lesquels nous devons intervenir rapidement. A terme, nous aimerions faire le distinguo entre désordres et observations. »

Emma Roujon – Technicienne géomatique

Afin de croiser les regards et l’expertise, ces visites approfondies sont externalisées tous les 10 ans. En 2023, une équipe de BRLi s’est donc prêtée à l’exercice partant d’une feuille blanche, pour ne pas être influencée par les désordres déjà recensés. Des protocoles ont été mis en place pour cadrer les prises de données, mais un travail d’harmonisation reste nécessaire  à la suite des VTA.

« L’externalisation des VTA par BRLi a été très constructif, bien que le croisement des données nous ait donné plus de travail qu’à l’accoutumé. Cela nous a permis de nous rendre compte que nous étions plus rigoureux et impliqués que des prestataires extérieurs. L’une des principales difficultés de l’exercice se trouve dans le ressenti des personnes qui recensent les informations. Les VTA sont aussi une opportunité pour les agents administratifs qui ne sont pas souvent sur le terrain de découvrir ou redécouvrir nos digues et les beaux paysages qui les bordent. Et c’est un bon moyen d’entretenir la cohésion d’équipe. »

Séverine Chardes – Cheffe de service exploitation et sûreté

Une trentaine de sorties est nécessaire pour venir à bout de tout le territoire. Une fois ces visites approfondies achevées, les données récoltées sont saisies dans l’outil de gestion SIRS digues et sont compilées sous la forme d’un rapport de surveillance. Envoyé aux services de l’Etat tous les trois ans, ce rapport contient les observations des VTA, ainsi que toutes les visites de routine des gardes-digues et de celles des ouvrages traversants.

En réponse à cet envoi, une visite systématique des inspecteurs de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a lieu au SYMADREM, pour échanger autour de ce document et effectuer une visite de contrôle sur le terrain. Ces inspections sont suivies de rapports et éventuellement de prescriptions. Elles garantissent l’accomplissement des obligations réglementaires du SYMADREM.

La digue à la mer et les épis sont également inspectés