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Érosion côtière : un risque reconnu, un financement incertain

Le fonds érosion côtière nécessaire pour que les communes littorales s'adaptent au changement climatique

Le SYMADREM déploie une stratégie sur les 100 km du littoral camarguais afin d’apporter des réponses durables face au recul du trait de côte et à la submersion marine. Cette démarche permettra de doter les communes de moyens nécessaires pour s’adapter aux effets du changement climatique. C’est dans cet esprit que le syndicat soutient la création d’un Fonds Érosion Côtière (FEC), destiné à financer les projets d’adaptation qui manquent de ressources.

La stratégie littorale du SYMADREM s’est construite en trois étapes. Une première phase a permis de dresser un diagnostic. La deuxième a consisté à imaginer et formaliser plusieurs réponses possibles face au recul du trait de côte et à la submersion marine, présentées sous forme de récits, aux trajectoires d’adaptation différentes. La troisième phase, dont la validation est prévue fin 2026, proposera une stratégie fondée sur une analyse multicritères de ces scénarios. Parallèlement, les quatre communes littorales ont confié au SYMADREM la maîtrise d’ouvrage de la cartographie du trait de côte à 30 et 100 ans, outil indispensable pour éclairer le choix des solutions à retenir.

Si le risque d’érosion côtière est maintenant bien connu, il a été qualifié par l’État dans la loi Climat et Résilience de 2021 de risque prévisible. Cette qualification prive les territoires littoraux du fonds Barnier, principal dispositif national de financement de la prévention des catastrophes naturelles. La loi a ouvert la voie à de nouvelles formes d’adaptation, mais n’a pas apporté les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre. Partout en métropole, en Corse et en Outre-mer, les communes concernées sont désemparées face au manque de moyens.

Depuis 2021, l’Association Nationale des Élus du Littoral (ANEL), plusieurs parlementaires et le Comité national du trait de côte, défendent la création d’un fonds spécifiquement dédié à l’érosion. Les propositions d’alimentation du FEC reposent sur trois leviers :

  • une taxe additionnelle aux droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui pourrait rapporter environ 20 millions d’euros par an avec un taux de 0,01 % ;
  • une contribution sur le chiffre d’affaires des plateformes de location touristique de courte durée, estimée à 200 millions d’euros avec un taux d’1 % ;
  • l’affectation d’une partie de la taxe sur les éoliennes en mer.

Pour les maires littoraux, déjà engagés dans des démarches d’adaptation, ce fonds constituerait un outil essentiel pour concrétiser leurs projets.

En décembre 2025, le comité syndical du SYMADREM a officiellement soutenu la création de ce fonds, par le vote d’une délibération, et appelé le gouvernement et les parlementaires à en acter la mise en place. La mesure, un temps intégrée aux discussions budgétaires, n’a finalement pas été retenue dans la version définitive du budget 2026. Ce report est un signal préoccupant. Le recul du trait de côte constitue un enjeu socio-économique majeur, qui ne peut être traité sans un financement conséquent.