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Le Programme de sécurisation

Le programme de sécurisation mené sous maîtrise d’ouvrage du SYMADREM est une des principales composantes du volet inondations du Plan Rhône et plus particulièrement du schéma de gestion des inondations sur le Rhône Aval établi par la DREAL Rhône-Alpes.

Les systèmes d’endiguement du delta du Rhône ont été créés après les grandes crues de 1840 et 1856 en lieu et place d’autres ouvrages encore plus anciens, dont certains remontent au XIIème siècle.  Du fait de leur mode de réalisation (compactage avec des dames de 15 kg, non prise en compte de la teneur en eau à l’optimum découverte en 1933 par Ralph Proctor) et de l’effet mille-feuilles dû aux phases successives de rehaussement (Cf. photos ci-dessous), les digues du Rhône sont fortement exposées au risque de brèche par érosion interne (comprendre infiltrations). La probabilité de brèche devient significative, dès les premières sollicitations du fleuve et croît sensiblement avec le débit et dans une moindre mesure avec la durée de la crue.

Figure 1. Digues du delta du Rhône – mille-feuilles et hétérogénéités (© Symadrem)

Les crues de 1993, 1994, 2002, 2003 et 2016 ont montré que les digues du Delta du Rhône pouvaient céder bien avant que l’eau n’atteigne la crête les digues.

Dans l’état actuel, on estime que le risque de brèche(s) dans le système, confirmé par les crues de 1993, 1994, 2002 et 2003, est certain (100 % de risque) à partir d’une crue cinquantennale (10 500 m3/s à Beaucaire/Tarascon), comme le montre la figure ci-après.

La probabilité d’avoir dans les 20 prochaines années, durée prévisionnelle de réalisation du Plan Rhône, une crue de période de retour 50 ans est de 1 chance sur 3, ce qui permet de qualifier ce risque d’inacceptable vis-à-vis des 100 000 personnes résidant dans le Grand Delta du Rhône.

Une rénovation complète et urgente du système d’endiguement s’impose.

Figure 2. Crues max annuelles et inondations par brèche sur la période 1840-2016

Plutôt que de rehausser les digues, ce qui avait été jusque-là, la réponse apportée par les pouvoirs publics après chaque catastrophe, deux solutions ont été retenues :

  • accepter l’inondation pour des crues rares (périodes de retour respectivement de
    100 ans entre Beaucaire et Arles et de 50 ans en aval d’Arles)
  • considérer la formation de brèches comme inacceptable jusqu’à des événements exceptionnels (période de retour 1000 ans).

Ce choix passe par la réalisation de digues résistantes à la surverse. Le talus de la digue côté « zone protégée » est ainsi renforcé avec des enrochements bétonnés, de manière à résister aux vitesses élevées, en cas de déversement, à l’origine des brèches. En amont et aval, les digues sont calées 50 cm au-dessus de la crue millénale pour éviter tout risque de contournement en cas de surverse.

En plus de ces objectifs de protection et de sécurité, le parti a été pris de répartir équitablement les volumes déversés entre rives avec un ressuyage rapide des terres inondées.

Trois types de digues sont prévus :

  • des digues résistantes à la surverse calées à une cote, dite cote de protection (variant de 10 à 200 ans suivant les bras du Rhône), dont le linéaire est estimé toutes rives confondues à environ 25 km,
  • des digues dites « millénales » calées 50 cm au-dessus du niveau d’eau atteint par la crue exceptionnelle du Rhône, dite crue de sûreté, et dont le linéaire est estimé toutes rives confondues à environ 195 km,
  • des digues de protection rapprochée, appelées également digue de 2ème rang au droit des zones à enjeux sensibles.

Le programme de sécurisation comporte également des mesures de réduction et d’annulation d’impact hydraulique, qui sont :

  • rehaussement du déversoir CNR de Boulbon de 40 cm,
  • rehaussement du déversoir CNR de Comps de 30 cm,
  • rehaussement de la digue communale d’Aramon de 10 cm,
  • rehaussement de la digue communale des marguilliers, en amont de Beaucaire, de
    13,0 NGF à 14,5 NGF avec un déversoir de sécurité à 14,0 NGF,
  • élargissement du lit en aval du barrage de Vallabrègues de 450 000 m3,
  • dragage dans le secteur de l’usine Fibre-excellence de 600 000 m3,
  • création d’une lône en rive gauche (volume à extraire de 570 000 m3).

Figure 3. Digue résistante à la surverse de Beaucaire-Fourques

Figure 4. Digue Tarascon – Arles et mise en transparence hydraulique du remblai ferroviaire (chantier en cours)

Outre ces objectifs de protection et de sûreté, le SYMADREM s’est inscrit dans une stratégie d’évitement des enjeux environnementaux. Cette dernière consiste à démonter les ouvrages et les reconstruire en recul du fleuve. Dans l’espace libéré au fleuve, des zones humides sont créées. Une opération de ce type a déjà été menée au sud d’Arles. Cette stratégie sera développée à grande échelle sur le Petit Rhône, où il est envisagé la reconquête de 500 ha de zones humides.

Figure 5. Démontage des digues d’origine, reconstruction en recul et création de zones humides

La localisation des ouvrages de protection réalisés et en cours de réalisation figure en page suivante

Figure 6. Programme de sécurisation des ouvrages de protection contre les crues du Rhône du Barrage de Vallabrègues à la Mer

Etant donné son ampleur (plus 450 millions d’euros HT), le programme de sécurisation a été découpé en plusieurs opérations de travaux et de sécurisation.

TÉLÉCHARGEZ LE PROGRAMME DE SÉCURISATION ET DE PROTECTION DES OUVRAGES (69Mo)