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LE SYMADREM REMPORTE UN PRIX NATIONAL DU GENIE ECOLOGIQUE !

Le Syndicat Mixte Interrégional d’Aménagement des Digues du Delta du Rhône et de la Mer a remporté le 5 novembre 2018, l’un des six prix décernés lors de la deuxième édition du prix national du génie écologique organisés par l’Association fédérative des acteurs de l’Ingénierie et du Génie Ecologiques (A-IGEco), l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES).

 

Le SYMADREM, en partenariat avec son maître d’œuvre NATURALIA environnement et l’entreprise MASONI-TP, a été lauréat dans la catégorie « Réintroduction/déplacement d’espèces » pour le déplacement du papillon Diane et sa plante hôte, l’Aristoloche, mené dans le cadre des travaux de renforcement des digues du Rhône en rive droite entre Beaucaire et Fourques (Gard).

 

C’est la combinaison du déplacement de cette espèce protégée et de son habitat, ainsi que les résultats très concluants deux ans après les travaux sur la reprise de l’Aristoloche et la reproduction de la Diane, qui ont particulièrement séduit le jury.

 

Cette distinction vient récompenser plusieurs années d’implication du SYMADREM dans l’élaboration de mesures d’Evitement, de Réduction et de Compensation environnementale (dites mesures ERC) de haute qualité en accompagnement des travaux de sécurisation des digues du Rhône.

Lucien MAMAN expert écologue remet le prix national du Génie Ecologique à Messieurs Jean-Luc MASSON, président du SYMADREM et Adrien BERNACCHI, ingénieur écologue chez NATURALIA environnement

Si l’Evitement d’enjeux environnementaux reste l’option privilégiée par le SYMADREM, ce qui le pousse souvent à déconstruire les digues et à les reconstruire en recul du fleuve sur des zones dépourvues d’enjeux écologiques comme ce fut le cas au sud d’Arles (10 ha de zones humides ou ripisylve ont été redonnées au fleuve !), il n’est parfois pas possible d’éviter la destruction d’espèces protégées.

 

C’est dans ce cadre et plus particulièrement des travaux de renforcement de la digue de Beaucaire-Fourques qui sont en cours d’achèvement que le SYMADREM a été amené à mettre en place une procédure de déplacement du Papillon Diane, qui est une espèce protégée présente sur les digues du SYMADREM et qui se satisfait largement de tels milieux anthropisés.

Cette espèce protégée dépend d’une plante pour son développement : l’Aristoloche à feuilles rondes. La conservation de la Diane passe donc également par la conservation de sa plante hôte !

Papillon Diane © Naturalia environnement

Aristoloche © Naturalia environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mesure a consisté à transférer les principaux sites de pontes de la Diane – soit environ 4500 m² sur plus de 2,5 ha de surfaces occupées par l’espèce sur l’ensemble de la digue – vers une parcelle sans enjeu écologique et présentant des conditions favorables à la reprise de la plante-hôte et à la réoccupation en reproduction de la Diane. Le transfert a été opéré grâce à un procédé conçu par la société Naturalia et réalisé par l’entreprise MASONI TP qui a permis le déplacement,  par plaques de sol de 1,5 m², des 4500 m² de couverture herbacée où la présence de l’aristoloche était avérée (cf. photos ci-dessous).

 

 

En parallèle, des opérations de collecte de Dianes au stade larvaire ont été effectuées. Les chenilles ont été collectées avant travaux, mises en réserve sur des pieds d’aristoloche non impactés par les translocations, puis réimplantées sur les pieds d’Aristoloche transférés sur la parcelle réceptrice. Une vingtaine de chenilles a fait l’objet de ce transfert.

Le suivi mis en place et qui sera poursuivi après les travaux a permis de constater que deux ans après ce déplacement, la quasi-totalité des pieds d’Aristoloche avait repris et la reproduction de la Diane était avéré.